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Planète Thalassa : Samedi 30/5/09 à 18h40 -
Dimanche 31/5/09 à 20h40 - Vendredi 05/6/09 à 22h50
France 3 : Dimanche 31/5/09 à 03h20 - Samedi 06/6/09 à 01h45
Au sommaire : Carnet de route : de la Hague à Deauville
C’est une côte pleine de surprise, lumineuse et verdoyante. De la presqu’île du Cotentin aux stations balnéaires de la Côte Fleurie en passant par les plages du
débarquement, le paysage ne cesse de changer. Du côté du cap de la Hague, les petits villages bien sages et bien arrangés s’alignent le long du littoral, la campagne
s’étire comme un décor de cinéma… un petit paradis vert à l’ombre de l’usine de la Hague. Un peu plus loin Cherbourg, et son arsenal et puis sur la côte est de la
presqu’île, après Tatihou, il y a les îles Saint Marcouf, moins connues et pleines de mystère.
Ensuite, ce sont les plages du débarquement, du sable à l’infini, des musées, des cimetières et derrière les cérémonies officielles, une région marquée par cette
période de l’histoire. Chaque village, chaque maison, chaque famille, comme celle de Franck Feuardent, a été bouleversée par ce moment historique.
Pour finir, un petit tour à Cabourg, Houlgate et Dives sur Mer, reines de cette côte tant aimée par Marcel Proust.
D'un littoral à l'autre : Grande-Bretagne, Norvège, le courant qui passe mal
Au début des années 2000, tout au nord de la Norvège, des scientifiques découvrent avec surprise la présence d’éléments radioactifs dans l’eau de mer, des algues et
des homards. C’est la stupeur dans ce pays scandinave qui ne possède ni installation nucléaire, ni armes atomiques. Très vite, les soupçons se tournent vers les
voisins russes mais la piste est écartée. Des analyses confirment que les traces radioactives découvertes proviennent d’une usine de retraitement de combustible
nucléaire.
Les regards se tournent alors vers le Royaume-Uni, vers la controversée usine de Sellafield, un immense complexe dévolu à l’industrie nucléaire au centre de
l’Angleterre où sont retraités les combustibles usés des centrales nucléaires britanniques, allemandes, japonaises et du monde entier. Connu pour ses rejets
accidentels ou volontaires, le site de Sellafield est très vite accusé par les Norvégiens, autorités comme associations de pêcheurs ou ONG. Le ton monte entre les deux
pays. Les Norvégiens prient les Britanniques d’agir pour limiter les pollutions de Sellafield. Au terme de plusieurs années de négociation avec les autorités
britanniques, les Norvégiens ont réussi à faire stopper une partie des rejets que le courant le Gulf Stream transportait jusqu’aux côtes des Lofoten à plus de 2500
kilomètres des installations de Sellafield. Aujourd’hui, les Norvégiens ne relâchent pas leur pression et veulent aller plus loin dans leur combat exemplaire : faire
fermer l’usine de retraitement de combustible nucléaire de Sellafield.
Mais le démantèlement de cet énorme site coûterait la bagatelle de 100 milliards d’euros. Une somme ahurissante, le prix à payer pour garantir la sécurité de cette
installation où sont stockées des tonnes et des tonnes de produits hautement radioactifs qui menacent la Norvège. Au grand dam de sa population, peuple majoritairement
opposé à l’énergie atomique.
A l'ombre de La Hague
Il y a douze ans, une conduite découverte par la marée, révélait une radioactivité 3000 fois supérieure à celle de la région. La même année, un médecin épidémiologiste
déclarait que la fréquentation régulière des plages et la consommation de produits de la mer multipliaient par trois les risques de leucémie chez les enfants.
Que s’est-il passé en douze ans ?
Nous sommes retournés tout au nord de la presqu’île du Cotentin, à La Hague, le centre de retraitement des déchets nucléaires des centrales françaises mais aussi
allemandes italiennes et hollandaises. Ici, une conduite de 5 kilomètres de long rejette toujours en mer 230 millions de litres d’ effluents radioactifs par an, le
liquide qui provient de l’usine. Les normes industrielles françaises et les instances internationales autorisent ces rejets et la direction d’Areva assure aujourd’hui
qu’il n’y a aucun impact sur la santé des habitants du Cotentin. Mais dans cette région, le sable, les algues, les homards, les crabes, sont toujours plus radioactifs
qu’ailleurs, faiblement, mais plus radioactifs.
Alors comment vit-on à l’ombre de La Hague ?
12 ans après notre premier reportage, le tuyau de La Hague a été réparé, détartré mais les bénévoles de l’ACRO, l’Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans
l’Ouest, continuent, infatigables, à surveiller le site et à y faire des prélèvements. Nous avons retrouvé un pêcheur que nous avions filmé il y a douze ans. Il
s’appelle Guy, l’usine de La Hague, il ne la voit même plus, elle fait désormais partie de son paysage.
Rencontre avec : Michel Onfray
Michel Onfray est l’un des philosophes les plus lus de France. Il produit une quantité considérable d’ouvrages qui se vendent par dizaines voire centaines de milliers
d’exemplaires. Figure intellectuelle et médiatique, il est surtout un homme engagé dans son temps et sa cité. Fils d’un ouvrier agricole et d’une femme de ménage de la
Normandie rurale, il est toujours resté attaché à sa terre. Pendant 19 ans il enseigne la philosophie dans un lycée technique avant d’en démissionner pour créer
l’Université Populaire de Caen en 2002. Il célèbre l’hédonisme, les sens et l’athéisme. Il cherche à démocratiser la culture. Avec lui, la philo descend de son
piédestal pour toucher tout le monde…
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